Choisir d’être vivant
- Mario J'm
- 15 janv.
- 5 min de lecture

Il y a des jours où je regarde tout ce qui est devant moi… et je ne peux pas faire semblant. Je vois la beauté. Je la vois vraiment. Je la vois dans l’humain quand il est grand, quand il est doux, quand il est vrai. Je la vois dans un regard qui ne triche pas. Dans une présence. Dans un pardon. Dans une main tendue. Dans un silence qui guérit sans parler.
Et en même temps… je vois l’opposé.
Je vois ce qui est moins beau. Je vois ce qui casse. Je vois ce qui ment. Je vois ce qui écrase. Je vois ce qui blesse parfois sans même s’en rendre compte. Et moi, je suis là, au milieu, en train d’observer. Pas pour juger. Pas pour me donner un rôle. Juste… parce que je ne peux pas ne pas voir.
Je regarde tout le bon qu’il y a en moi, puis en même temps, je suis observateur de tout ce qui est moins bon. On va dire ça de même. J’ai mes parts de lumière, oui. Mais j’ai aussi mes petites bébites. J’ai aussi des choses à régler. Et non, ça ne fait pas de moi un saint. Tabarnouche… je ne veux pas être un saint. Je n’ai pas le goût d’être un martyr pour mériter une étiquette. Je veux juste être l’humain que je suis… en harmonie avec ce qui m’entoure.
Mais l’affaire, c’est que l’harmonie, ce n’est pas un décor.
Ce n’est pas une phrase inspirante collée sur un mur.
L’harmonie… c’est un choix. Un choix qui coûte quelque chose. Parce que choisir d’être vivant, ça veut dire décider.
Et quand je parle du choix… je parle aussi de l’autre bord.
La mort, un jour ou l’autre, elle se présente. Que tu l’aies choisi ou pas. Que ce soit par décision, par accident, par hasard, par malchance, par “moment”… ça arrive. Des fois, ça arrive vite. Des fois, ça ne demande pas la permission.
Je pense à mon petit frère. Il est décédé d’un accident. Mort sur le coup. Je ne pense pas qu’il ait eu le luxe de dire : « Non, moi finalement, je reste. » Je ne pense pas que ça se soit présenté comme un menu avec deux options. C’est arrivé. Et ça, ça te rentre dedans pour vrai. Ça te rappelle que la vie n’est pas une théorie. Que le vivant, ce n’est pas une idée.
Et pourtant… il existe aussi des histoires où le choix se présente autrement.
Et moi, j’ai vécu quelque chose qui, dans mon langage, ressemble à ça.
Je tombais à l’eau. Je me noyais. Noyé, noyé, noyé… jusqu’au moment étrange où j’étais encore dans l’eau, mais que je respirais. Puis je me suis retrouvé face à face avec deux “moi” : un qui était mort, et l’autre qui était vif. Ils dansaient main dans la main. Et là, on m’a simplement dit que j’avais le choix. Le choix de vivre aujourd’hui. D’être vivant.
Je me souviens très bien que j’hésitais.
Je ne sais pas comment expliquer ça sans le déformer : j’avais de l’amour. Beaucoup d’amour. Pour plein de monde. Si vous saviez comment j’aime des gens… même ceux qui pensent que je ne les aime pas. Je pense même que c’est ceux-là que j’ai le plus d’amour pour eux autres. Il y a tellement de monde que j’aime.
Mais malgré ça… j’hésitais.
Parce que choisir de revenir, ce n’est pas juste revenir “pour faire plaisir”. Ce n’est pas juste revenir “par devoir”. C’est revenir pour porter la vie… avec tout ce que ça implique : l’humain, la beauté, l’opposé, les contradictions, les émotions, la tristesse parfois. Revenir pour être témoin. Pour être acteur. Pour être responsable.
Finalement, j’ai dit oui.
J’ai accueilli le fait de renaître.
Et aujourd’hui, cette décision là, elle continue. Parce que le “choix du vivant”, ce n’est pas un moment spectaculaire. C’est une suite de décisions. C’est : qu’est-ce que je fais de moi, maintenant?
Aujourd’hui, j’observe. J’observe la beauté humaine… et j’observe aussi tout ce qui est. Et des fois, le cœur est triste. Le cœur humain est triste quand tu sens trop, quand tu te connectes à ce qu’il y a derrière les masques, quand tu touches ce que j’appelle le cœur-âme, l’énergie universelle… ou peu importe comment vous appelez ça.
Honnêtement? Je m’en fous un peu des étiquettes.
Je me fous tellement de tellement de croyances… vous pouvez même pas imaginer.
Parce que les croyances… elles ont toutes une place d’apprentissage, oui. Mais elles peuvent aussi devenir des cages. Et moi, je ne veux plus vivre enfermé. Je veux rester libre. Libre de voir. Libre d’apprendre. Libre de me remettre en question. Libre d’être neutre devant certaines affaires, pas froid, pas indifférent neutre dans le sens : je me bat pas pour exister.
Les croyances, ça commence tôt. Petite enfance. Père, mère. Environnement. Après ça, c’est multiculturel, multivers, multi… je sais pas trop quoi. Et c’est correct. Ça existe. Les croyances existent. Mais la vraie question, pour moi, c’est : quel intérêt tu leur donnes? Quelle place? Quelle énergie? Et surtout : comment tu te places, toi, là-dedans?
Avec un ego orgueil qui veut avoir raison?
Ou avec une vérité qui respire?
Ou juste… avec la capacité d’accueillir?
Et c’est là que je reviens à mon point central : choisir d’être vivant, ça veut dire décider. Ça veut dire faire des choix, même imparfaits, même lents, même pas “instagrammables”. Ça veut dire régler ce qui démange, ce qui dérange, ce qui t’empêche d’avancer. Pas pour devenir un modèle. Juste pour être en harmonie.
Oui, j’ai eu des affaires dans le corps. Des coups. Des blessures. Des limites.
Mais j’ai aussi tellement d’opportunités d’œuvrer dans tellement de choses… tellement, tellement, tellement.
Et des fois, je me retrouve dans des situations où je me demande :
Qu’est-ce que tu fais là?
Puis, en vérité… je sais que j’ai ma place.
Mais je sais aussi que je ne peux pas être à toutes les places en même temps.
C’est ça aussi, le vivant : choisir où tu mets ta présence.
Alors si vous vous demandez pourquoi… pourquoi “la voix du vivant”, pourquoi “Magazine La VIE”, pourquoi “le vivant” partout… arrêtez de vous poser la question.
C’est simple : un jour, j’ai dit oui.
Puis depuis, je décide.
Je ne suis pas parfait. Je ne veux pas l’être.
Je veux juste être vrai.
Et je pense que je vais rester en éternelle recomposition.
Jusqu’à temps que le vivant en moi cesse de respirer, que le cœur cesse de battre.
En attendant… j’apprends.
Je regarde.
Je choisis d'être vivant.
Et je reviens… Aimer.
Mario Marchand




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